jusqu'au 27 septembre sur rendez-vous au Studio Dario Caruso -  tel. au 06 61 98 89 40

Déviances Visuelles

 

Exposition photos et œuvres d’art originales

Cinq artistes :  Emmanuelle Auzias, Rodia Bayginot, Jean-Yves Fine, Fred Pichon et Alexis Pottier

 

Le Studio PHOTO DAR présente Déviances Visuelles, une série de peintures et œuvres artistiques librement inspirées d’une sélection de photos de Dario Caruso.

 

Le projet Déviances Visuelles, né du désir des artistes et du photographe de quitter la réalité des photos pour dévier vers l’univers de chacun.e. , propose des œuvres originales qui représentent cinq mêmes photos revisitées cinq fois.

 

Les trois œuvres de Rodia Bayginot  en échos aux photographies de Dario Caruso sont les suivantes :

Flower Power - Tenture bi-face suspendue – 2019

 

Flower Power, le pouvoir de la fleur, fut utilisé par les Hippies comme une sorte de maxime durant les années 1960 et 1970, la fleur étant un des symboles de leur idéologie non violente.

L'expression est née du Summer of Love de 1967, un rassemblement à San Francisco durant lequel les Hippies avaient pour consigne de porter des fleurs dans les cheveux et de les distribuer autour d'eux.

 

Il y a cinquante ans exactement, en août 1969, se déroulait le festival Woodstock, l'un des points culminants de la contre-culture des années 60 et la fin du Flower Power, une idéologie bien loin de nous aujourd'hui ?

L'acte de chair – 2019 – Tableau bi-face suspendu

 

en réponse à deux photos de Dario à la fois :

 

La première photo :  érotique, elle représente (pour moi) des amoureux enlacés dont l'image est à la fois morcelée et démultipliée par un miroir cassé aux fragments potentiellement dangereux pouvant provoquer des coupures.

 

Le contour de leurs ébats figure en filigranes et en scarifications sur le recto du tableau de Rodia.

 

La deuxième photo est celle d'un taureau mort traîné dans l'arène, et dont on ne voit que la tête : telle un énorme pinceau, elle trace sur le ciment un signe calligraphié parfait d'un carmin insoutenablement esthétique.

 

Texture et couleur du tableau évoquent du cuir sanglant, et au dos de la toile, des points de sutures accentuent le malaise, agacent nos fantasmes et culpabilités, entre véganisme et anthropophagie, Éros et Thanatos, et d'autres choses sûrement.

Le printemps silencieux – 2019 – Sculpture 3 D

 

Cette sculpture textile tire son nom d'un livre de Rachel Carson, publié en 1962, qui contribua à sensibiliser l'opinion publique sur le danger des pesticides.

 

L'auteure elle-même emprunta ce titre à un poëme de John Keats, La Belle Dame sans merci qui contient les lignes :  The sedge is wither'd from the lake, And no birds sing  ; ce qui signifie en français :  La laîche est fanée près du lac, et nul oiseau ne chante.

 

Le titre évoque un printemps où l'on n'entendrait plus le chant des oiseaux.

 

Suspendue au plafond du studio photographique, la sculpture prend un sens différent et permet une interaction avec le public : en coiffant la sculpture, chaque personne peut s'imaginer ainsi sensoriellement dans la situation de l'homme aux oiseaux , une photo de Dario Caruso qui représente (à mon avis) un homme entouré par le vol par des pigeons alors qu'il leur lance des grains de blé. On a l'impression d'entendre des centaines de battements d'ailes autour de lui ainsi que le souffle qu'elles provoquent.

 

Voir ci-dessous quelques souvenirs de cette intervention. Les photos sont de Patrick  MASSAIA et de Philippe ORDIONI.